Weytop : vers une virtualisation de l’ordinateur d’entreprise

Pour les entreprises, le cloud PC pourrait représenter une petite révolution dans la gestion des parcs informatiques.

Le Cloud PC est-il la prochaine révolution du monde de l’informatique ? Après le stockage et le multimédia, la bureautique pourrait bien être la prochaine utilisation des PC à être décentralisée dans le cloud. La start-up Weytop, présente à VivaTech 2022 avec l’IMT, en est convaincue. Et elle entend bien rendre la technologie accessible aux PME et aux ETI.

La crise sanitaire a accentué la tendance du travail hybride, les frontières de l’entreprise s’étendant désormais bien au-delà des bureaux. Et la technologie doit s’adapter à ce nouveau contexte.

« Chez Weytop, nous sommes convaincus que la virtualisation de l’ordinateur va gagner le monde de l’entreprise, comme cela s’est produit sur les périphériques de stockage », affirme Loïc Poujol, directeur associé de cette start-up spécialisée dans le Cloud PC professionnel. En effet, ces dernières années, les clés USB et disques durs externes ont progressivement été remplacés par des services de stockage en ligne. Et ce phénomène de virtualisation peut aussi s’appliquer à tout un ordinateur, via le Cloud PC.

« Il y a toujours eu une demande de la part des entreprises, note Loïc Poujol. En particulier les sociétés possédant des besoins élevés en ressources graphiques, telles que les cabinets d’architecture. Mais aussi celles ayant un nombre d’utilisateurs très fluctuant, comme les organismes de formation. » Des offres de Virtual Desktop Infrastructure (VDI) et de Desktop as a Service (DaaS) ont ainsi vu le jour, à destination des clients professionnels. « Mais jusqu’à présent, les entreprises rencontraient plusieurs problèmes : les solutions proposées n’étaient pas très performantes, l’expérience utilisateur n’était pas toujours au rendez-vous et la mise en œuvre s’avérait compliquée. » De plus, l’offre n’était pas vraiment adaptée aux PME et aux ETI.

Le Cloud PC accessible aux PME et ETI

C’est en s’inspirant du « cloud gaming » que Weytop a décidé de s’adresser à ce segment de marché. L’objectif de la start-up : rendre la virtualisation accessible aux petites et moyennes entreprises, en proposant une qualité de service et une expérience utilisateur équivalentes à celles du B2C. Une solution que la start-up incubée par Télécom Paris présentera notamment lors du salon VivaTech 2022 qui se tiendra du 15 au 18 juin à Paris.

La jeune entreprise met ainsi à disposition des ordinateurs virtualisés, accessibles via un navigateur web. L’offre se décompose en trois forfaits, allant de la « simple » machine virtuelle orientée bureautique à la configuration robuste, avec carte graphique dédiée, pour les applications exigeantes en ressources. De plus, la solution inclut des outils d’administration de parc, afin de gérer aisément ses utilisateurs, les accès, les modèles de machines à déployer, etc.

Une triple optimisation bien réelle

Derrière cette simplicité d’utilisation se cache néanmoins une véritable démarche d’innovation technologique. Une nécessité lorsque les concurrents sur le marché s’appellent Amazon ou Microsoft…

Premièrement, pour soigner l’expérience utilisateur, Weytop fait en sorte d’offrir la meilleure qualité de streaming possible. À cet effet, l’entreprise s’est appuyée sur WebRTC, le protocole de streaming utilisé par de nombreuses solutions de vidéoconférence et de jeu, et l’a optimisé, afin de l’adapter aux usages d’un Cloud PC.

Le principe du cloud PC ? Un ordinateur effectue les actions de travail sur logiciel dans le cloud, et renvoie vers l’écran de l’utilisateur l’image de ce qu’il se passe, en streaming. Crédits image : Weytop.

La seconde optimisation concerne « l’acquisition » au niveau du serveur. « Tous les systèmes de virtualisation ont le même principe : une machine tourne dans le cloud et il faut récupérer une image de cette machine pour la transférer sur le poste distant », explique Loïc Poujol. « L’acquisition consiste à répondre à la question : comment récupérer l’image de cette machine ? Le but étant que l’opération soit la plus rapide possible, sans utiliser trop de ressources. » Jusqu’alors, il existait deux procédés principaux :

  • Installer une extension au sein de l’ordinateur virtuel, dédiée à l’acquisition. Cependant, cette méthode consomme beaucoup de ressources et nécessite de disposer d’une extension par type de machine (Windows, Linux, macOS…).
  • Ajouter une carte graphique à l’ordinateur virtuel et simuler un port HDMI, qui permet de récupérer l’image du PC. Mais en imposant d’installer une carte graphique sur chaque machine virtualisée, ce procédé s’avère coûteux et long à mettre en place.

Weytop a donc choisi une troisième voie. Une innovation en cours de brevetage et donc soumise à de fortes obligations de confidentialité.

Enfin, Weytop recourt à l’intelligence artificielle pour optimiser l’utilisation des infrastructures. Le but : prédire les usages des utilisateurs, afin d’attribuer les bonnes ressources au bon moment, via un système d’allocation dynamique. « Car cent personnes qui écrivent des mails, ce n’est pas la même chose que cent personnes qui compilent du code », souligne Loïc Poujol. En anticipant la consommation liée à chaque usage, il est alors possible d’allouer un minimum de ressources pour un maximum d’utilisateurs. Un sujet sur lequel l’entreprise collabore notamment avec Télécom Paris.

Une virtualisation incontournable d’ici quelques années ?

Pour l’heure, Weytop vise particulièrement les sociétés de 200 à 1 000 utilisateurs, dans deux domaines d’activité principaux. D’une part, le secteur de l’éducation et la formation, pour qui la solution offre une grande flexibilité dans la gestion du parc et une optimisation des coûts. D’autre part, le secteur de l’architecture, où il est davantage question d’accès à des machines puissantes à distance, y compris à domicile ou lors d’interventions chez des clients.

Par ailleurs, la start-up n’oublie pas les problématiques de sécurité et de confidentialité. En effet, au-delà des antivirus et solutions de protection au sein des machines virtuelles, l’entreprise réalise des sauvegardes régulières. Et en ce qui concerne la confidentialité, Weytop a choisi des hébergements en France et des opérateurs français, un moyen de se conformer au RGPD.

Mais le Cloud PC possède aussi une autre vertu : la diminution de l’impact environnemental des usages numériques. Car la virtualisation aide à limiter l’obsolescence du matériel informatique, et donc à prolonger la durée de vie des équipements.

Dès lors, la révolution du Cloud PC est-elle imminente ? « Nous avons bien conscience d’être un peu en avance de phase, concède le directeur associé de Weytop. Mais notre conviction, et celle des grands cabinets d’études, est que le marché va exploser d’ici trois à cinq ans. Et que l’importance des ordinateurs physiques va alors décroître, au profit des postes virtuels. »

Bastien Contreras.

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